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bourgeons

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Dans le jardin sous la dentelle noire

canopée des feuilles à venir et déjà bruissantes, poussées par le vent

mille points des mille bourgeons

enfants de la terre et voulant la lumière

d’un amour infini

 

j’ai enlacé le corps d’un bouleau blanc comme le ciel et ma soeur

enlaçait l’autre tronc

son visage entouré de boucles et de fourrure

la peau de l’arbre

La pais est revenue en moi, elle qui ne m’avait jamais vriament quittée

mais renouvellée, comme baignée

aux sources de la vie

et les arbres se sont tus

 

Le souffle de la tempête avait coulé en moi comme dans une maison

ouvrant les fenêtres, balayant les ombres

et mon corps était un couloir éclatant, vertical

où circulait la force de l’arbre

dense et lisse

froide comme l’empreinte que je sentais sur mon ventre, ma poitrine,

à travers les épaisseurs des vêtements

 

et je pouvais à nouveau

porter du fruit

et déployer mes bourgeons amoureux de lumière

nés de la profonde, féconde et éternelle terre

 

 

-Quand les mots de mon poème ont été tressés en moi – Dieu fasse que je m’en souvienne et les couche par écrit- la pluie est tombée et nous sommes rentrés

 

 

 

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ma vallée – fin d’automne

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Les projets qui croissent sans fleurir

fermentent en moi Mon monde s’étrécit alors

je suis revenue dans ma vallée

boire la solitude à la coupe du ciel

à la coupe des arbres

noirs et nus

 

Aucun doute c’est bien la dernière fin d’automne

l’air est chargé de pluie, de vent Pourtant

ma vallée reste blonde les herbes jaunies par le gel

sont blondes et patientes

 

Ainsi mes soeurs les fleurs apprenez à mon coeur

qui ne veut s’endormir la patience vivante

qui écoute, qui accueille

aussi bien la lumière, que le vent

Ainsi mes frères les arbres, toujours alertes, toujours confiants

apprenez-moi le chant de joie et de courage

au milieu de l’hiver

lumière

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Bonheur d’avoir, au coeur de la journée de pluie, de lassitude

pris un bain de lumière, d’horizon, ciel ouvert

où faire couler mon coeur

 

Il pleut sur le chemin de mon travail Les gouttes d’eau glacées

frappent mes cuisses et mon visage

Mais j’ai dans le coeur

un lit de feuilles claires

de lumière

 

J’ai dans la poitrine

la colline

et ma vallée

qui m’éclaire

 

Arbres

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Les arbres les plus grands de la colline

prennent racine

dans mon jardin

 

On les voit de loin

je les vois quand je reviens

de ma journée de travail

 

Ils sont droits

Ils sont trois

Deux sapins et un chêne

tâche dansante

au-dessus de la maison

aux volets rouges

 

Les arbres les plus grands de la colline

c’est dans mon jardin

qu’ils prennent racine!

 

Ils bruissent Leurs feuilles

s’entremêlent

Ils forment de leurs branches

un triangle d’ombre

où venir l’été

se reposer…

 

Un triangle d’or

où venir l’hiver

boire la lumière

boire leur force

vivante!

 

Les arbres les plus grands de la colline

dans la terre de mon jardin

prennent racine

 

Ma chance

ma joie…

Je me couche auprès d’eux

contre la terre

qui nous nourrit

en frères

 

et petit à petit

le temps, le vent et la lumière

d’amour et d’amitié

nous lient

 

Les arbres les plus grands de la colline

en mon jardin

prennent racine

 

passage à Bordeaux

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Portez-moi mots de mon amie poète

écartez la gangue autour de mon coeur, malmené, confus

car je suis revenue dans la ville de mes années passées

 

je la rejette

je voudrais m’étendre sous le ciel, contre la terre

et écarter les bras

mais j’ai des souvenirs à tous les carrefours

 

Aux tables des cafés, marchant le long des rues

je me revois le pas tantôt rapide, tantôt traînant

rêveuse, triste ou joyeuse

et le ventre alourdi par mon enfant qui y dormit

un été, un automne, un hiver

 

Maintenant je regarde ma ville en étrangère

mon coeur n’y bat plus

mais pas me portent ailleurs

avec avidité

 

mais ce sera toujours ma ville

 

ma vallée

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Me voici à nouveau dans ma vallée

petite et chérie au bout de notre rue

 

Devant moi, un arbre dont les feuilles palpitent sur le ciel encore bleu

et le sein doux de la colline, tapissé d’herbe, poils minuscules sur son ventre de lumière

 

Les oiseaux se répondent d’un arbre à l’autre

-il y a bien le bruit des voitures sur la route tranquille

mais il soulève mon coeur comme une vague et le dépose sans heurt-

Leurs ailes captent les derniers éclats du jour et je suis heureuse d’être venue, encore une fois

 

Mon arbre

tu me donnes de la force

Je m’appuie sur toi

J’appuie ma faiblesse sur ta force, qui monte jusqu’au ciel

 

 

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Mon petit Jean-Baptiste

mon fils amour vie

Tu nous mènes à un train d’enfer

ton père et moi

tu nous mènes à un train d’enfer

 

Mon petit Jean-Baptiste

endormi au creux de mon bras

épuisés comme nous par les assauts de ta soif, ta volonté

Nous avons besoin de ces moments passés ensemble

quand tu têtes entre mes bras

et que je peux enfin retenir dans mes doigts le temps

-temps qui n’est pas balayé, remué par la tempête de tes mouvements

 

Ces moments,

comme ce soir, dans le bureau

-tout était beau dans cet appartement qui prend si joliment la lumière

où renversé dans mes bras, tu ris!

je donnerai tout

je donne tout

pour le trésor de tes yeux rieurs, ta bouche ouverte

tes cheveux éparpillés

 

Moment où nos regards

se rencontrent

où je te rencontre

dans ton regard

enfin enfin enfin

vraiment