Archives Mensuelles: juillet 2017

Au revoir Bordeaux

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Dans sa chemise africaine jaune et bleue

-large, très vieux blanc d’Afrique comme je disais hier en rigolant-

Jean-Baptiste en tailleur dans le lavabo

joue avec une brosse à dent

-quatrième passion après le tourne-disque, la trottinette et les ballons

 

Nous avons beaucoup de souvenirs liés à cette salle de bain

D’autres poèmes ont été écrits, à te regarder jouer, et même avant, à t’attendre

 

Elle est presque vide. Les derniers objets du quotidien patientent.

Pierre a descendu hier la grosse commode à langer. Je peux m’appuyer contre le mur et voir ton visage penché, concentré, la touche gonflée de ton cerne.

 

 

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Gouyas – nous allons trouver notre maison

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Dors paulina dors

dors ma belle dors

dors Le matelas

du vieux lit de famille est gonflé par les ans

je glisse sur le bord

mon coeur

se tord

 

Mon bébé petit castor

se blottit contre moi alors

Confiance

Merci mon Dieu merci

 

Je suis dans mon pays de Dordogne

Les champs s’étendent autour de moi

Par la fenêtre j’aperçois

la grange éclairée par la lune

Echappée belle

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Echappée belle dans Bordeaux

des Capucins à la maison

Je discute avec une vieille dame espagnole, regarde les arbres de la cour d’un lycée, l’affiche d’un nouveau cours de yoga…

Quel tourbillon est entré dans nos vies?

Quel est le vent qui a soufflé, sans trêve, pendant toute une année?

Ce tourbillon est notre petit garçon!

 

Je sais maintenant la cherté, le prix, des plus petits moments de liberté

Précieuse ma ballade dans les ruelles désertes, éclaboussées parfois de rires et d’appels d’enfants, au-delà des murs

Précieuse ma déambulation, d’un trottoir à l’autre, selon l’ombre et la lumière

et le clapotis léger de mes pensées, qui s’amenuise, s’amenuise…

torrent

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Lundi à Paris

Midi. Seule dans l’appartement.

La solitude est si rare.

Penchée sur l’ordinateur, je me penche, me hâte

oublie mon corps, m’oublie

 

Une halte

Agenouillée dans le salon

Une, deux, trois respirations…

 

Il me faut du courage pour

rester comme une pierre immobile au milieu du torrent

et sentir les désirs, les émotions, les peurs

qui ruissellent autour de moi

ruissellent sans fin

mais ne m’emportent pas

Paris

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attablée aux Artisans

à l’intérieur et cependant, grande ouverture sur la terrasse où un groupe de quatre amis discutent vivement, habillés de noir…

installée près du mur et du miroir où je mire mon brushing tout neuf et mes boucles d’oreille à cercle d’or et pompon rouge

Après un verre de vin blanc « Argentino », voici l’assiette de vin blanc qui est arrivée. Le pain grillée bien fin craque merveilleusement dans ma bouche -envie de reprendre du vin blanc, pour l’accompagner…

« Bonsoir Princesse! » maman est passée, Jean-Baptiste qui ne m’a pas vue s’est endormi juste après. Merci maman!

tout cela est bien bien bien bien bien. Je lis « Les plus beaux récits » de Courrier International, voyage sur les toits des trains, comme les hobos…