Archives Mensuelles: décembre 2014

amour sismique

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Les lignes de l’espace autour de moi, horizontales, régulières en son absence
se soulèvent quand il est là en une petite montagne
une cathédrale de lumière
à l’endroit où il est
où je le vois
le perçois
Où le cube de sa présence
jaillit, crève les lignes et les fait converger
attire
attire toutes mes lignes à lui
et irradie

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dans le jardin de l’Hôtel des Sens

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Je suis dans le jardin de l’Hôtel des Sens

toits d’ardoises sur le ciel sombre

brassées de fleurs

 

Tu me manques comme tu me manques dans les autres villes :

irrémédiablement

 

-pourtant je comprends que j’ai pu vivre seule ici

car la ville est vraiment

très belle et foisonnante

 

Si tu étais avec moi

en ce jardin de l’Hôtel des Sens

près de moi sur ce banc,

je serais

ivre de joie et extatique

 

Je ne distinguerais pas

le calme ordonnancement des ardoises

les briques au-dessus des fenêtres

Je ne percevrais pas l’odeur des feuilles

ni le roulement des voitures

 

Il n’y aurait que toi

ta présence sidérante

les mouvements de tes yeux, de ton visage

ta bouche tes paroles tes mains

 

Le cube sacré de ton corps renfermant ta vie

le feu qui jaillit sur moi

 

Je ne verrais pas frémir les joncs couleur de terre rose

les abeilles

 

Je suis seule et il ne me reste que la mélancolie

la brise, la voûte de mes épaules et le limon

fertile de mon cœur

 

 

 

 

rues de Paris

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Je marche au gré des rues suivant

vaguement la direction du Centre Pompidou

La ville me porte et me guide

mes idées se décousent

comme avant

 

A Bordeaux il me sera bientôt

impossible de me perdre

 

Je demande « Où est la seine ? »

comme à lyon je demandais « Où est la saône ? »

parce que je ne sais vraiment plus

où je suis

 

Rue de la perle

un vrai ARBRE

pousse sur un balcon

 

J’ai tant marché dans Paris !

et contrairement à beaucoup d’autres villes

un pas lent me vient

naturellement

un peu déboîté

Je sais que je n’en verrai pas le bout

de toutes façons

 

Place du marché Saint-Antoine

les arbres se rejoignent

 

Si Dieu veut qu’un jour

je doive être seule et déprimée

il faudra que j’habite une grande ville

belle et vivante

 

Le hasard des rues

le foisonnement des boutiques, des cafés

les millions de pas de millions de passants

me lave et me guérit

me lave

 

Et bien sûr la ville est pareille à la mer

les mouvements des passants : des vagues

le flux et le reflux

Mouvement qui est vie !

quand l’immobilité est mort

Paris

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Quand je suis à Paris

Ce qui coule de moi

Est très pur et très simple

 

C’est la Seine

 

Qui passe et me traverse

Déplace

Mes cheveux sur ma joue

 

Le ciel est vaste

La ville grise et bleue

Enlace

 

L’avenir et le passé

Faisant jouer dans la lumière

Les reflets de l’eau sur mon cœur

 

Cette ville est si vieille !

Que mon cœur

Devient vieux et mon âme

Immense et vieille