Archives Mensuelles: octobre 2014

chanson du soir

Par défaut

Publicités

La solitude seule 2.3.4.5.6………..

Par défaut

Reviens mon amour reviens
La ville de Bordeaux sans toi n’est pas la ville de Bordeaux
Le goût de la bière dans le soir qui tombe n’est pas un point de lumière dans le soir qui m’inonde
La solitude sans toi n’est pas la solitude

Etre seule n’est plus un lieu, un fleuve près de ma rive
mais un grand espace
flasque et blanc
à combler avec n’importe quoi
Le temps passe et je le remplis, avec tout ce que je peux

L’abandon sans toi n’est pas l’abandon !
mais le vide intersidéral
sans rien où appuyer ma main
quand je voudrai me redresser

Sans cocon où revenir quand la nuit
m’aura lavée et salie
Sans route pour revenir

Si tu n’étais pas là
J’accrocherais des points tout autour du vide
Je me ferais une coulée de choses connues
Un chapelet d’heures
Je me ferais une corde avec les points
avec les choses à faire
– les occupations

Je m’occuperai
pour ne pas être livrée
sans défense au vide qui est toujours là
pour ne pas être livrée sans défense à l’éternité, à la réalité, la présence des arbres, des gens de la pierre
du ciel

Sans toi je ne pourrais plus les explorer
je ne pourrais que très rarement prier
Je ne pourrais plus laisser mon âme partir
J’aurais peur d’errer
J’aurais peur de m’abandonner au soir des sensations
J’aurais peur de ne pas savoir revenir

***

Lire la suite

La solitude seule 1

Par défaut

Avant de rentrer peindre,
une gorgée de solitude
avant de me mettre devant ma toile

Le vent dans la figure
une gorgée de silence
face à l’église
très belle

Mon amour n’est pas là, alors
j’ai perdu le goût de mes longues errances
-bien sûr c’était pour mieux le retrouver

Je sais que la vue est plus dégagée ailleurs, près du fleuve
où le ciel est large, rose et bleu
Je reste devant la façade
Je n’ai même rien à boire que le vent
les fesses sur un banc
les gorgées d’odeur, des gens qui passent

Avant de rentrer peindre
une gorgée de solitude

Avant la solitude
une gorgée de solitude

Arbre

Par défaut

Le jour où mon père fut enterré, une jeune femme, noire comme moi mais plus belle et plus humble se tenait près de la fosse, son corps mince formant un arbre plein de vie.

La fente de ses yeux brillait dans le jour clair et le soleil sur nos têtes
Ployées comme des fleurs vers l’ombre et le repos

La courbe de son dos, de ses fesses : une lune fraîche où j’ai bu quand mes larmes ont coulé sur la terre

Repos pour mon âme sa nuque droite et son visage Le visage de mon père s’est détaché de moi dans la clarté

passage

Par défaut

Dans mes rêves les trains
passent et repassent en laissant derrière eux
des sillages de brume

Je ne sais pas où est ma place
Je ne sais plus si je suis lovée dans le train
ou à genoux dans une prairie
sous le ciel

Dans la brume les trains
passent et repassent emportant derrière eux
des ombres dans leurs rêves

Je ne sais plus qui je suis ni pourquoi
J’ai perdu la place choisie avec soin
par ceux qui m’aimaient

Le paysage change autour de moi
Je sais que je pars mais je suis aussi immobile
que lorsque je dormais
dans le corps de ma mère

Dans les ombres les trains
passent et repassent déchirant derrière eux
des bandes de rêves

C’est l’été et tu pars en voyage

Par défaut

Je suis pleine comme une grosse tomate mûre
Les tournoiements de ses chairs intérieures crevassent sa peau
Mes peurs longtemps retenues crèvent mon visage
par endroits

C’est l’été
et tu pars en voyage

tout bouge autour de moi
et je reste
très immobile

C’est l’été
et tu pars en voyage

je reste dans la maison déserte avec la petite sœur
on va attendre

le soir on regardera la télévision
pendant la journée on travaillera

C’est l’été
et tu pars en voyage

je prie que l’écriture me délivrera