Archives Mensuelles: avril 2014

poésie -soleil du désespoir

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A cette table quand tout semble perdu
difficile
La flamme vive
demeure
la flamme vive de dire

Solitude
solitude des journées grises
Et le battement de cœur
qui me pousse

Dieu qui me donne la poésie

Je ne sais plus

La lumière devient
chaude et ronde
Au travail

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Poème des cafés bordelais

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Ce que j’aime par-dessus-tout, bien sûr c’est me promener
Partir d’une place, arriver sur les quais
Ouvrir et vider ma pensée
Jusqu’à rejoindre ! le ciel et la beauté

Oui j’emploie ma liberté
A marcher, lire et rêver
Ma bohème est une vie
De fleuve et de pâtisseries

Je regarde s’alterner toutes les teintes du ciel
Je vois ce que je ne voyais pas et ressens
la vacance infinie
l’ouverture et la paix

Je bois à la coupe de la ville
la parcours, la reçois, solitaire, errante
je commence à avoir des cafés favoris
Et la lumière me fauche
parfois en pleine rue
les courbes d’une place
ses ondulations
me figent

Je ne peux plus partir
Je regarde, je regarde
et soudain c’est autre chose
Je suis là
Je suis juste là
sur cette place

La fille qui parle à la table d’à côté
a une très jolie voix
« Place Lafargue, on boit un chocolat chaud
et toi tu fais quoi
Allo allo allo ? »

Je suis à l’étage pour la première fois
Je peux me pencher sur la place
Les passants m’apparaissent
sur un plan incliné

« C’est terrible de se poser des questions !
Comment font les gens qui s’aiment ?
Il doit falloir un détachement… »

Je suis contre la fenêtre
et prisonnière de ses dimensions

La salle est jaune avec des lustres
Quand je suis sortie des toilettes
le chocolat chaud m’attendait
sur la table en plein milieu
de la salle orangée et déserte
la charpente
Vraiment c’était toute ma vie !
Une partie secrète et chérie de ma vie
On croit que je fais l’après-midi des choses extraordinaires
quand elles sont
une tasse sous une charpente solitaire
mon dos contre le mur
la ville autour de moi
la chaleur dans ma gorge
et le repos de mon âme

La solitude dans ce qu’elle a d’espace ouvert aux quatre vents
immense, ensorcelant
et de plénitude

La tâche de soleil –mordorée !
sur les toutes dernières fenêtres de la façade
qui ricoche, mais plus pure, avec le cœur éclairé d’une vitrine
Le ciel entre ces murs plus clair -aquarelle- d’une riche couleur d’eau pleine
multiplié sur toutes les fenêtres
et la marée montante des nuages

La flaque de lumière a disparu
Il ne reste plus sur la place grise, parcourue de passants
que la voûte rose de la boutique
Les arbres sont d’une maigreur bien triste
la fenêtre froide et la place lointaine

« Que ce ne soit pas que du jardinage métaphorique mais quelque chose de plus élaboré.
Montrer le geste plutôt que les essences ou les structures…
Mais je ne sais pas comment les montrer… »

Le chocolat finit de fondre dans ma bouche
Le ciel est toujours aussi pur
à droite des visages –des nuages ! blancs sur lesquels passent des flocons gris

« J’aurais pu faire un jardin libertin,
Où j’aurais pu mettre des corps, piou ! n’importe où !
Comme j’avais des envies de motifs j’aurais pu faire un cadavre exquis d’où émergerait le motif de la framboise »

Je remonte du réservoir de mes pensées déjà pensées
l’envie d’aller au cinéma
Le ciel est uni maintenant – fond de mauve
mais une des fenêtres est nacrée

Une autre fois J’étais dansdans un bar à Minneapolis Après une longue route

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Une autre fois
J’étais dans un bar à Minneapolis
Après une longue route

J’avais faim
Mais je chérissais ma faim
Qui était pleine de songes

C’était le soir
Et sous des lampes vertes
Des hommes jouaient au billard

Et il y avait parmi eux un Indien
Le menton large, la mâchoire carrée
La peau brûlée

Ses cheveux étaient réunis dans son cou
Lisses comme de l’eau et je ne savais plus
S’il était repoussant ou non

Une mauvaise guitare résonnait dans un coin,
Une mauvaise voix
Il pleuvait dehors et je voulais partir
Mais je ne pouvais pas

Les boules rebondissaient avec fracas
Mes cheveux gouttaient sur mes mains
L’Indien partait d’un rire gras

Et lentement j’épluchais
Une clémentine qu’un enfant sur la route m’avait donnée