Archives Mensuelles: novembre 2013

Le printemps est revenu et avec lui le souvenir des beaux jours passés dans ma maison

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Le printemps est revenu et avec lui le souvenir des beaux jours passés dans ma maison
sur la terrasse au soleil lire dans l’ombre des pages
et dormir
au cocon frais de ma chambre
l’après-midi

Qu’est-ce que le soleil de la terrasse?
Qu’est-ce que l’ombre de ma chambre?
Je suis aimée de celui que j’aime

Qu’est-ce que le train?
Qu’est-ce que la fatigue
et mon coeur en sursaut qui toujours se soulève vers un autre départ?

Qu’est-ce que mon sac
et mes mêmes habits
dix fois pliés et repliés
Le soir vient où je m’endors aux bras de Pierre
Nos têtes tournées l’une vers l’autre je bois son souffle
contre ma poitrine son torse
contre mes mains la douceur de son dos
ou parfois j’ai les mains jointes le front sous sa tête et tout se referme sur nous

Demain partir encore et prendre le chemin de la gare
Je ne m’installe plus dans ma maison
Mon sac reste ouvert au milieu de ma chambre

Qu’est-ce que mes allées et venues
le repos que je connaissais quand je me couchais au même endroit pendant des mois entiers
et y installais ma vie
Quelle était ma paix
quand j’étais pleine de moi-même, pleine de travail et unie

J’ai maintenant le coeur aux quatre vents
mes projets se décousent

Comment me reposer?
Comment me suffire à moi-même et rester ici
Quand au bout du train
au bout du téléphone
et de mes souvenirs
existe un être qui me bouleverse par tous les gestes qu’il fait

Mon amourje suis fatiguée
mais tu m’émeus
Je me souviens hier
tu m’as touchée jusqu’au fond de l’âme

Tu fais bouger en moi
des blocs inconnus
Tu creuses, tu soulèves
tout mon être se meut
pour prendre la forme
complémentaire à la tienne

Je t’ai montré ma ville
je t’ai montré ma famille
et aujourd’hui devant ma table quelques sanglots
soulevés par l’empreinte
mon corps qui expulse l’air
déplacé en moi par toi

Les trésors déployés par mon corps, mon esprit
ce que je reçois
ce que je ressens
te voir dans ma ville
te voir avec ma mère
dormir avec toi sur le sol de ma chambre
et voir le soleil au matin
comme je le voyais adolescente
tourner ma tête et te voir avec moi
tout reste en moi

dans le train qui nous ramenait vers nos villes
ta peau bouleversante
ma tête sur tes genoux
le roulis du train
et quand je levais les yeux
ta douleur bouleversante

Je suis épuisée par toi
je suis traversée par toi
tout est confus
je peine à percevoir, je tatonne
mais je sens
au centre de moi
la fleur droite de ta présence
ton existence en moi
la certitude de te revoir
de retrouver tes bras
de voir ton visage
et d’être accueillie par toi

C’est le printemps
la journée est belle et douce
Ma chambre silencieuse
Qu’est-ce que l’ombre de ma chambre?
j’ai le soleil du corps de Pierre
la fête passionnée son âme ouverte devant moi
Qu’est ce que le repos de la terrasse?
Mon amour me partage tout
m’appelle, m’ouvre sa maison
me recueille auprès de lui
m’embrasse et quand je dors
vient s’allonger près de moi

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