Archives Mensuelles: avril 2013

Inondation

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Ce matin c’est lundi et je suis de verre
Un corps de verre contenant des litres et des litres d’eau
Je suis fatiguée
pleine
déborde mon eau

Toutes ces semaines!
et la joie, et la peur intenses
allant de ville en ville
des îles en îles de mes sentiments
contraires, changeant

Je suis à terre
piétinée par la route que j’ai parcourue en courant, les bras ouverts,
le cœur hors de sa cage prêt à m’être emporté
Ce n’est rien pour le monde,
mais dans mon corps
inondation
toutes les marques d’amour
les caresses
les corps mêlés
tremblement
effondrement
la grande vague bénie bouleverse mes terres
toutes mes digues ont cédé
Je suis là toute entière
grande ouverte
et inondée

J’ai posé des frontières illusoires
cherché à retenir les flots
Illusion
Je suis envahie
toute cette eau à l’intérieur de moi c’est toi
Tu t’étends sur mes plages mes vallées tu ruisselles
et tu emportes tout sur ton passage
tu changes tout
Ton eau précieuse à pénétré mon être
toutes les couches
et mon âme et mon cœur
inondation
état d’alerte dans mon cœur!
et bonheur et paix,
quand tout repose

Ce matin
sanglots sanglots
j’ai de l’eau dans la gorge
Je suis fatiguée
Je suis à tes pieds
bouleversée
et tout déborde

Tout ce que j’ai reçu!
ces nouvelles sensations
chaque jour réveillées
chaque jour mouvantes
labourant les tréfonds de mon être
les sentiments inconnus
palpitant dans mon corps
insaisissables
et me parcourant
parcourant sans fin mes veines bouleversées
Emoi! révolution!
la plus grande de toutes

J’ai faim
les sanglots semblent tus
les vagues retournées dans leurs grandes fosses
mais en moi toujours l’eau étrangère et merveilleuse
bénie entre toutes
mais lourde aussi
et douloureuse
épuisant mes vallées

Miel
eau sacrée
lac magique que je sens en moi
dans ma poitrine
lac bordé de pins, de vent
lit de mon amour
en moi ton berceau
et tes eaux clapotantes

Les marées
les vagues
Je suis soumise aux mouvements de la lune
moi qui retiens dans mes bras intérieurs
l’eau rythmée
La moindre avancée de l’astre
fait monter mon lac
et m’inonde

Tout cet inconnu déversé en moi!
Je ne me reconnais plus
continue, avance
mais je suis exsangue
Je suis la plus fragile de toutes
bien plus faible qu’aux jours de sécheresse
Un mouvement
interne
externe
et les caprices de mes lunes
je sombre

Je me suis maintenue dans ce flot inconnu
J’ai traversé les semaines en vivant de toutes mes forces
J’échoue ce matin aux pieds du jour
fatiguée
et pleine
pleine
de toute cette eau emportée avec moi
alourdissant mes pas
et rendant tout plus grand
reconnue par mon cœur
par tout ce que je suis
comme la plus importante à vivre

Plage
grève
cette table où je voudrais m’étendre
cette page
ce matin où je m’étends
dans la lumière grise du ciel
recevez-moi
Or de la nappe
éclat des dalles
recevez mon âme épuisée
ardente!
mais aujourd’hui plus faible que les gouttes
que les gouttes de jour
qui tombent sur son corps

Que le jour est beau
force de la lumière
qui descend sur mon âme
en chaque goutte
la paix nourrissante

Berceau du jour
après la nuit je te salue
recueille-moi
je m’étends dans ton corps laiteux
la nuit fut longue et magnifique
je me jette dans tes bras

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L’enceinte

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et ma mémoire-poulie tire à moi la corde …

Je suis en bas avec Iris et Yvain, sur le canapé qui s’est trouvé un coin dans le salon réaménagé par leurs soins
Les notes égrenées par Petrusciani
nous baignent

Avant-hier j’étais à Lyon. Maman m’avait parlé d’une exposition au Musée d’art contemporain, dont le dernier étage était consacré à une grade salle violette, dans laquelle une enceinte géante diffusait des fréquences inhabituelles, un son très proche de celui de Om.

_ Ils sont tous les deux penchés sur leurs planches- leurs dos presque sans tête
l’humidité du canapé derrière moi, et après Petrusciani, de grandes voix rythmées
mon voyage dans les eaux troubles du quotidien
stagnation toujours nouvelle
entre ses plis croupis des espaces inviolés
chaque moment peut avoir une profondeur infinie
Et pour la première fois, je travaille moi aussi, en bas, ici, le petit coin canapé est le seul qui pouvait me correspondre
je suis tournée vers la pièce, j’écoute la musique et peux tracer ma voie avec eux
J’ai rejoint, active, l’espace de leurs activités
Nous partageons la solitude de nos travaux
et je suis là!
dans le même rythme
Merci mon Dieu

Je suis arrivée dans la grande salle, au dernier étage Il fallait enlever ses chaussures
je suis entrée
La pièce était désert
omniprésence des basses
Ce son inconnu
qui m’est passé par le corps
m’a traversée,
retraversée sans fin
infrason
l’appel des basses                                                                                                                                                                                                                                 Je ne savais plus où j’étais
c’était ma poitrine qui me guidait
j’ai marché droit vers le fond                                                                      
Une sorte de masque géant était accroché sur le mur
mais je n’étais pas encore arrivée 
le grondement sourd m’appelait
la source!
l’aimant aveugle de ma poitrine
J’ai contourné le mur
le son encore plus fort
étourdissant
Je le sentais, je le sentais
Il m’en fallait encore plus
Je me suis rapprochée encore de la gigantesque enceinte
les sons se percutaient dans ma cage thoracique
ils entraient en moi de tous côtés
Je suis allée droit sur son corps blanc d’enceinte
J’étais si près que je ne voyais plus que ses profondeurs grises
Mon front allait l’heurter
mais j’avançais encore ma tête
J’ai basculé dans cette brume mouvante
vertigineuse
Le son formait une masse presque compacte dans ma poitrine
J’ai appuyé ma tête, mon corps contre la peau de l’enceinte
dans la stridence de son ventre
la grande vibration
autour de moi
en moi
passant à travers moi
abolissant tout contour

Je suis tombée une nouvelle fois dans le gouffre gris et mouvant tout empli de mirages et les sons qui saturaient mon corps me sortirent par la bouche et je suis partie

Soyaux

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Le café de Soyaux
Trois heures de l’après-midi
Les hommes entrent et sortent
s’assoient
s’accoudent
parlent et tournent
en s’accolant

La voix éraillée du vieil homme
les voix feutrées de ceux qui restent
et à la télévision
les pèlerins autour du tombeau de Mahomet
tournent sans fin
Le chant de l’imam
l’odeur des kebabs
et les visages
l’un après l’autre connus

Les cheveux noirs de Hadj
son dos sur les factures
la pluie
et les sons arabes
L’écran de la télévision
l’écran de la rue
ceux qui passent
les travaux
ceux qui parlent
et ceux qui n’ont rien de neuf à dire
Les tables noires et lustrées
le sel et le poivre
le coca à finir
les murs vert fluo
Et moi qui lis Prévert
dans l’odeur des kébabs
dehors le ciel gris
Hadj qui entre et sort
le vert le blanc le noir
le grésillement de la friture
et moi qui lis Prévert
trois heures à Soyaux
et me repose
et me guéris
dans son coeur immobile
de je ne sais trop quoi

dehors il fait gris et il n’y a rien à faire
ici le vert
la télévision
et les autres qui attendent
aussi
et se reposent
de l’ennui à venir
dans la bulle frémissante
de la friture

et se protègent de l’après-midi
trois heures à Soyaux
Seule est animée la musique
les morceaux de viande
et les joueurs de foot sur l’écran de télé
l’écran du monde
Et les gens entrent et sortent
et ceux qui font des kébabs
font des kébabs
puis s’ennuient
Doux est pour moi l’ennui de Soyaux
l’ennui vert pomme de Tassili Café
je le chéris

bulle immobile de l’après-midi
je m’emplis
et me vide
tout est doux
et je n’ai rien à faire
qu’être ici
jouir des bruits
et me reposer
des bruits du monde
dans les bruits de Soyaux

Un vieillard qui entre s’assoit dos au mur
la canne sur la table
juste sous la télévision
et parle
à travers la pièce, en arabe
à ceux qui le servent

Personne ne me connait ici ou seulement petit à petit
A qui dire pourrais-je dire le repos de Soyaux?
étrangère parmi les étrangers
En leurs propres terres
au coeur de leur monde
je ne crains plus rien
dans l’oeil du cyclone
il n’y a qu’ici que je peux me reposer
au centre exact de ce qui m’est étranger
au centre parfait de leur monde
je peux tout déposer
tout me devient riche et précieux
je me renouvelle
m’emplis de ce monde étranger
Il n’y a qu’ici que je peux me reposer

et les heures ne s’écoulent pas
je suis dans l’oeil du cyclone

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Voyage en Espagne et au Portugal – Extrait 1: Le Nowhere

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L’eau était douce et boueuse
Il fallait ramper sur les mains
J’ai suivi sa pente entre les pierres lisses

J’étais calme et flottante
un crocodile,

et sur les rives des Françaises nues trempaient leur cheveux dans l’eau

elles parlaient mal
l’une d’entre elles était magnifique
et son mec faisait rebondir ses seins
et je me suis dit vraiment tant de beauté pour ça

La rivière s’élargissait en une mare verte
et je suis restée là avec Martha et Lizzie
à flotter sur le dos

Nous sommes remontées dans le Van et de loin j’ai vu se déployer les campements du Nowhere, qui émergeaient peu à peu d’une mer de poussière et de sable.

Je suis entrée en passant par un vagin géant, histoire de naître à nouveau. Je devais y retrouver Aurélien, un ami d’Angoulême, mais il y avait tellement de chapiteaux, de tentes de lumière et les gens marchaient dans des flots de sable

J’ai échoué sur des coussins à côté d’une vieille punk qui dormait sur le ventre, les pieds ravagés par des boutons de moustique
J’avais le visage contre un coussin râpeux

Le vent battait les toiles de ce camp où tout le monde dormait en formant un petit cercle
un homme cousait
j’ai dormi d’un sommeil lourd tout empli de visions
j’étais dans la chaleur de ma vieille voisine et couverte de terre

Quand je me suis réveillée j’ai traversé l’arène de sable jusqu’à un autre chapiteau.
C’était une séance de yoga finissante animée à coups de micro
Une fille en collants roses lacérés qui ressemblait à une crevette a réussi à passer ses jambes sur ses épaules et seuls ses coudes touchaient encore le sol
Une jeune femme enceinte embrassaient ses amis

Deux équipes ont alors été formées pour un pogo.
Je ne peux plus dire qui a commencé à danser et à s’approcher d’une personne de l’équipe adverse pour le défier par la danse.
J’ai vu les paires se faire selon leur ressemblance
L’homme déguisé en cochon et celui aux bottes de poils
Les deux amis en culotte et collants résille et la femme aux clous
La femme enceinte et la crevette

Une femme est arrivée rebondissant sur un gros ballon entièrement nue. Chaque bond découvrait son pubis. Elle a dansé avec l’homme à feuille de vigne. Il a eu beau multiplier les roues et même perdre sa feuille, elle l’a battu quand elle s’est mise sur la tête et qu’elle a écarté largement les jambes.

C’était la fin du pogo. Une fille en compensés et maillot de bain noir faisait du houla hop.
J’allais partir quand j’ai retrouvé Aurélien. Il m’a conduite jusqu’au camp qu’il avait installé avec ses amis et tout est devenu facile et doux! On a monté ma tente, creusé une petite tranchée et on a mangé tous ensemble.

Comme les autres campements du festival, ils proposent des activités, eux, autour des jeux de société. Ils m’accueillent comme une des leurs. Nous sommes sept. Charlotte et Yann, Tristan et Elise, Kevin, Aurélien et moi.

Je suis toujours assise devant ma petite table. La lumière descend.
Des filles sautent à plat ventre sur un trempoline.
Je fais chauffer de l’eau sur un réchaud minuscule. Je l’entends frémir à côté de moi.

– Extrait 2: L’arrivée à Bunuel

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Le car s’est arrêté à une station service
et on est descendus
lui avec sa casquette vissée sur la tête
et moi qui ne ressemblais à rien
le soleil et le soir
il a tenté un « tomes un café? »
mais je suis allée aux toilettes où j’ai demandé à Dieu de me protéger

et je suis ressortie
Il était dehors, fumant une cigarette
très seul et très grave

On est remontés dans le car et je lui ai posé des questions de plus en plus précises sur sa maison
J’attendais un sms d’un couchsurfer à Pamplona qui aurait vu mon message et pourrait m’héberger
J’ai attendu jusqu’au bout puis j’ai dit
« Puedo dormir a tu casa? »
« Si, si, no problemo »
« Te hago confianza »
et vraiment mon espagnol primaire me permettait d’être directe

On descend à Tuteya
et je me dis Je vais voir l’Espagne de l’intérieur, une petite ville de Navarre

Il marchait d’un pas chaloupé, avec sa casquette et son pantalon de survêtement bleu
Il avait trente ans

Il a voulu acheter de la viande
ca m’a touchée mais on a raté le bus
Le prochain était dans une heure
je me sentais faiblir
je me demandais dans quoi je m’étais embarquée
et lui qui répétait « que pasa? Que pasa? »

On a pris une photo à la gare
J’avais vraiment l’air d’être « una vagabonda » comme il me l’a dit plus tard
On est enfin montés dans le bus
et on a traversé la campagne et les villages

On arrive à Bunuel
on marche
on croise ses amis et je le suis bravement
on arrive devant une maison, j’aperçois un beau jardin, mais il n’a pas les clés, ses amis viennent les lui apporter, ça a l’air d’être un manège pas possible et je suis de plus en plus sur mes gardes

On entre, un escalier, il pose ses affaires dans la même chambre que moi.
Je le lui fais remarquer il dit « on verra on verra »
et je prends une douche
la douche tant désiré après le sable boueux du festival
mais je ne sens rien
je pense « Je pourrais être à Saragosse avec Juan Jo qui s’occuperait de moi 
mais non je suis ici toute seule à galérer »

Une fois passé mon tee-shirt bleu et mon jean
les cheveux lavés et attachés
j’ai déjà les idées plus claires
Ahmed me dit d’attendre dans la chambre mais je rejoins ses amis dans le salon
ils sont deux
il y a une petite télévision
je m’assois sur un fauteuil
et je me détends
la lutte, le refus, la tension perpétuelle, usante,
la méfiance
J’ai juste envie de baisser la garde
Je m’ouvre je me laisse faire
tout s’éclaircit
et j’ai senti physiquement les points de mon dos se dénouer

Ahmed m’a appelée pour que je l’aide à faire cuire la viande dans une poêle avec beaucoup d’huile
des saucisse du poulet, des boulettes de viande
il m’a fait des remarques sur mon corps
Il voulait qu’on mange dans la cuisine
mais j’ai tout apporté dans le salon
C’était bien de manger

La maison était grande et presque entièrement vide
seulement les principaux meubles, aucun objet
Il y avait deux chambres
J’ai choisi celle où il n’avait pas mis ses affaires
et déplacé les miennes
le sommier était défoncé
j’ai mis le matelas dans un coin et je me suis endormie tout de suite

– Extrait 3: Les vagues du Portugal

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Maintenant je suis dans le bus pour Grenade et je pense au retour
Je pleure
Je pleure de ne sûrement jamais revoir Nuno sauf intervention de Dieu
Je pleure de toute la fatigue qui s’est accumulée en moi pendant ma route
Je pleure de la lettre d’Ahmed que je viens de lire et de tout ce que j’ai fait
mon coeur est épuisé

et pourtant c’est comme la mer
oui c’est comme le mouvement des vagues

Je me souviens dans les vagues du Portugal
ce que j’aimais
c’était le moment où la vague
s’écrasait contre moi
ce choc énorme qui m’ébranlait jusqu’au fond de moi-même
et je courais vers elles
et les prenais dans la figure
elles étaient fortes et violentes
mais j’en voulais toujours plus

Je vais de lieu en lieu comme j’allais de vague en vague
Je cours vers l’inconnu sans plus sentir la fatigue
et ce que j’aime, c’est le sentir s’écraser sur moi
Arriver dans une ville
rencontrer quelqu’un
et sentir l’espace éclater contre moi
et se déployer en retombant lentement

Oui je ne pèse rien
Oui je ne suis rien
face à la puissance de l’inconnu, tout ce monde qui m’entoure et que je découvre
mais plash
de tout mon corps je me jette contre la vague
oui je souffre et oui j’ai peur
mais rien ne compte
seule compte cette sensation de rencontrer la vie de plein fouet
et la sentir jusque dans mes entrailles

Aujourd’hui mon coeur est si las
il me semble que mes jambes ne pourront jamais me soulever
il ne me reste plus qu’à faire confiance au monde qui est mer
renverser ma tête en arrière dans cette eau qui m’entoure
et me laisser porter

Vouloir
ne pas vouloir
vouloir
ne pas savoir
changer
vouloir autre chose
se raisonner
moins vouloir
vouloir
vouloir
vouloir

Je voudrais m’arracher la volonté du coeur
et n’être plus qu’amour et sensation

Mes pensées m’épuisent
mais quand elles ont usé mon corps
fait abdiquer mon coeur
et que mon âme est en morceaux
il reste toujours un filet de voix à tout retourner encore et encore

Ma poitrine cède et je ne fais que pleurer
mais je veux encore!
Je veux voir ce qu’il y a derrière tout ça
je veux voir comment me portera le monde
et le courant qui m’entoure
Je veux rencontrer Dieu dans et par Jésus
Je veux sentir encore
Je veux souffrir encore et me réjouir et aimer
Je veux ma vie de nomade
Je veux l’épuisement complet de mes facultés et il ne restera que l’essence de mon âme
Je veux la route je veux le bus
Je veux la souffrance et la difficulté
Je veux la beauté et la paix
Je veux le mouvement des vagues!
le mouvement autour de moi
Je veux être légère encore et de plus en plus simple
et perdre mes affaires
Je veux la fatigue qui me lavera de tout
Je veux les bras de Dieu
Je veux marcher encore

Je ne veux pas revenir
rentrer et comme on dit
reprendre ma vie
aller de semaines en semaines
dans le grand désert
Je veux le mouvement des vagues
Je veux la vie de plein fouet

Je ne veux pas rentrer
repartir pour une nouvelle année!
et mettre mon coeur à l’arrêt
comme à Faro,
comme à Lisbonne
quand je léchais mes plaies
encore un peu d’espace et de liberté
encore le choc des vagues
pitié pitié
encore le choc des vagues

Protège-moi mon Dieu
surtout surtout n’arrête pas ma course
toute ma vie, toute ma vie
encore le monde contre moi
encore le monde de plein fouet

Poèmes parisiens (retrouvés)

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1.
Je boirai
Je boirai avec mes amies
Je boirai je boirai
et au réveil
couchée contre le mur dans le lit d’une amie
la tête parcourue des vapeurs du vin
j’entendrai le chant d’un oiseau lointain
et je mettrai du temps avant de me souvenir de toi

2.
Tu peux boire tant que tu veux
te mettre par terre à l’infini
Quand tu te réveilles au matin
tu te souviens que ton chéri t’a laissée tomber
et tes problèmes sont toujours là

3.
Tu t’es mise ivre pour l’après-midi
la soirée et la nuit
et au réveil
tu retrouves droites et raides
les petites statuettes de tes problèmes
assises en cercle autour de toi
qui t’attendaient et te regardent